
Cet été, le taux d’occupation des lits marchands à Megève atteint 63,3 %, en progression de 4 points par rapport à l’été 2025. Un résultat d’autant plus intéressant que la station évolue sur un segment haut de gamme où l’enjeu n’est pas nécessairement de remplir à tout prix, mais de maintenir une clientèle à fort pouvoir d’achat et une activité économique sur une période plus longue.
Autre indicateur révélateur : 36 % des visiteurs étaient internationaux cet été. Megève confirme ainsi ce qui fait depuis longtemps sa singularité : elle ne dépend pas uniquement de la clientèle française et continue de rayonner auprès d’une clientèle étrangère, attirée autant par le village que par la montagne.
Mais le phénomène dépasse largement Megève. Selon le dernier baromètre d’Atout France, 41 % des Français ont fréquenté la montagne en été au cours des trois dernières années, contre 30 % en hiver. Et surtout, 96 % des personnes ayant séjourné à la montagne en été se déclarent satisfaites de leur expérience.
La montagne n’est donc plus seulement une destination de ski. Elle devient une destination de vacances à part entière.
Le nouveau luxe : respirer
C’est probablement là que se trouve le véritable changement. Pendant longtemps, vendre la montagne en été revenait à parler de randonnée, de VTT, de trail ou d’activités sportives.
Aujourd’hui, le discours évolue. À Megève, on vient marcher, bien sûr. Faire du vélo, jouer au golf, monter en altitude, profiter des restaurants d’alpage ou simplement prendre un café sur une terrasse. Mais on vient aussi ralentir.
Dormir au frais. Respirer. Déjeuner longuement. Passer une journée sans programme. La montagne répond ainsi à une nouvelle aspiration : celle d’un luxe beaucoup plus expérientiel. Le luxe de l’espace. Le luxe du temps. Le luxe de pouvoir quitter la ville quelques jours et retrouver un environnement naturel exceptionnel sans renoncer au confort, à la gastronomie ou aux services.
C’est précisément ce positionnement qui rend Megève particulièrement intéressante. Car la station possède quelque chose que toutes les destinations de montagne n’ont pas : une véritable identité de village.
Une station qui ne dépend pas uniquement des remontées mécaniques
Megève dispose d’un avantage considérable pour développer son attractivité estivale : son offre ne repose pas exclusivement sur les infrastructures de montagne.
Randonnée, VTT, golf, parapente, escalade, bien-être, gastronomie, patrimoine, événements, commerces, restaurants… La destination fonctionne comme un véritable écosystème touristique et cette diversification est stratégique. Le document de prospective de la commune souligne d’ailleurs que la fréquentation touristique reste relativement stable malgré la baisse du nombre de journées-skieurs, ce qui traduit une montée en puissance des activités hors ski.
Autrement dit, Megève commence progressivement à vendre autre chose que du ski. Elle vend un art de vivre. Et c’est précisément ce qui intéresse l’immobilier.
Un nouvel usage de l’immobilier
Pour l’immobilier haut de gamme, cette évolution est loin d’être anecdotique. Une résidence secondaire occupée trois ou quatre semaines par an n’a pas la même valeur d’usage qu’un chalet que l’on peut réellement apprécier de décembre à septembre.
C’est tout l’enjeu du développement du tourisme quatre saisons. Plus une station est attractive sur une longue période, plus le propriétaire peut envisager son bien comme un véritable lieu de vie — et pas uniquement comme un pied-à-terre hivernal. À Megève, cette logique est particulièrement pertinente. Un chalet avec terrasse, jardin, vue dégagée, piscine ou espace bien-être ne se pense plus uniquement autour de la proximité des pistes.
En été, la qualité des extérieurs devient presque aussi importante que celle des intérieurs : une belle terrasse face aux montagnes, un jardin, une piscine, un espace déjeuner extérieur ou une vue sur le massif du Jaillet ou le Mont-Blanc. Autant d’éléments qui prennent une valeur nouvelle lorsque la propriété devient une destination estivale.
Une clientèle qui évolue
Autre évolution intéressante : la clientèle estivale n’est plus nécessairement celle que l’on imaginait. La montagne attire désormais des familles, des couples, des actifs en quête de déconnexion, des sportifs, mais aussi des visiteurs qui ne pratiquent quasiment aucune activité de montagne.
Le baromètre Atout France est particulièrement révélateur : seuls 16 % des vacanciers citent les activités sportives comme motivation principale. Ce que l’on recherche avant tout, c’est la nature, le calme, la déconnexion et la découverte du territoire.
Et Megève coche précisément ces cases.
Une destination quatre saisons… mais pas encore à égalité avec l’hiver
Il faut néanmoins rester lucide. Megève demeure une destination historiquement construite autour de l’hiver.
Les chiffres de la commune montrent encore un écart important entre les deux saisons : environ 1,2 million de nuitées en hiver contre 500 000 en été, et 220 millions d’euros de dépenses touristiques en hiver contre 41 millions en été.
Le potentiel est donc considérable. Mais il ne s’agit pas de faire de Megève une station d’été à la place d’une station d’hiver. Le véritable enjeu est différent : faire de Megève une destination où l’été compte suffisamment pour que l’activité ne s’arrête plus entre avril et décembre.
Et sur ce terrain, la progression est déjà visible. Dès 2022, la commune enregistrait plus de 744 000 visiteurs à la journée entre juin et septembre, avec un mois d’août dépassant février en nombre de nuitées et d’excursions.
Le climat pourrait aussi jouer en faveur de la montagne
Il existe enfin un facteur que personne ne peut ignorer : la chaleur. L’été 2026, marqué par plusieurs épisodes de fortes chaleurs en France, a encore renforcé l’attrait relatif des destinations de montagne. À l’échelle de la Haute-Savoie, le taux d’occupation des hébergements marchands a atteint 76,3 % sur l’été, avec une progression de trois points en juillet.
La montagne devient progressivement une alternative au littoral. Pas seulement pour ses paysages, mais aussi pour son climat, son altitude et cette sensation très simple de pouvoir dormir fenêtres ouvertes, marcher le matin et déjeuner dehors sans subir les températures extrêmes que connaissent certaines destinations estivales.
Pour une clientèle premium, cette recherche de confort climatique pourrait devenir un critère immobilier de plus en plus important.
Megève en été : le vrai changement est culturel
Au fond, la transformation de Megève ne se mesure pas uniquement en taux d’occupation. Elle se mesure dans la manière dont on regarde désormais la station.
Il y a dix ans, demander si Megève était attractive en été aurait pu sembler presque secondaire. Aujourd’hui, la réponse est beaucoup plus claire : oui, et de plus en plus.
La station dispose d’une combinaison rare : une image internationale, un patrimoine architectural fort, une offre gastronomique et hôtelière premium, des activités outdoor, une vraie vie de village et une clientèle capable de consommer au-delà du simple hébergement.
C’est précisément ce cocktail qui peut faire de Megève l’une des grandes destinations alpines du tourisme quatre saisons. Et pour l’immobilier, le message est encore plus intéressant. Un chalet à Megève n’est plus seulement une adresse où l’on vient skier. C’est potentiellement une maison de famille, un refuge l’été, un lieu pour recevoir, un actif patrimonial et surtout, une adresse que l’on peut désormais habiter beaucoup plus longtemps dans l’année.
En conclusion, Megève n’a pas besoin de devenir une station d’été. Son enjeu est plutôt de confirmer sa place parmi les grandes destinations alpines capables de séduire toute l’année.
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